Questions et réponses

Sur quoi les Prillérans ont-ils voté le 27 novembre 2016 ?

Ils ont accepté le plan de quartier Malley-Gare (PQMG), c'est-à-dire la partie entourée de traitillés bleus sur le schéma ci-dessus. Ce projet comprend deux socles de bâtiments montant jusqu'à 12 étages, deux places et deux tours pouvant atteindre 77 et 63 mètres (sans installations techniques). Le PQMG s'inscrit dans un projet plus vaste de revitalisation de la friche industrielle de Malley. Il inclut notamment le nouveau centre sportif (plan accepté et en vigueur), les plans de quartier Malley-Viaduc et Malley-Gazomètre (non encore mis à l'enquête).

Que représente Avenir Malley ?

L'association Avenir Malley réunit environ 200 citoyens de l’Ouest lausannois intéressés par l’avenir du quartier. Elle est favorable à son développement harmonieux mais rejette une surdensification dictée par des intérêts principalement financiers.

Est-elle la seule à s'être opposée au plan de quartier Malley-Gare ?

Non. Trois autres associations y étaient également opposées. Il s'agit du Groupe de Florissant, de l' Association Vivre Renens et l'Ouest Lausannois et du Mouvement de Défense de Lausanne.

Quel est le projet officiel pour Malley ?

Elaboré depuis le début des années 2000, il vise à revaloriser la friche industrielle de Malley et à y créer une "nouvelle centralité urbaine" ainsi qu'un écoquartier conçu selon les objectifs de la "société à 2000 watts". Au total, la zone Malley devrait accueillir 8000 à 10 000 habitants-emplois supplémentaires. Le principal document officiel est le Schéma directeur intercommunal de Malley (SDIM) adopté en 2012. Pour le concrétiser, les autorités doivent présenter différents plans de quartier, dont ceux cités plus haut.

N'êtes-vous pas des Neinsager, des anti-tout ?

Nous désirons que Malley se développe, les statuts d'Avenir Malley le précisent. L'association n'a pas fait opposition au plan d'affectation cantonal concernant le centre sportif et attend avec intérêt le plan de quartier Malley-Gazomètre, où la part de logement sera majoritaire et les espaces verts conséquents. Elle conteste en revanche que par un tour de passe-passe, l'écoquartier promis se mue à Malley-Centre en un quartier d'affaires comprenant cinq tours de 60 à 100 mètres. Celles-ci accueilleront 60% de bureaux.

Peu de sites sont aussi bien desservis en transports publics. N'est-ce pas à Malley qu'il faut densifier franchement ?

La densité prévue à Malley-Gare est de 648 habitants-emplois à l'hectare, elle est de 400 pour l'ensemble de la zone. C'est énorme. A titre de comparaison, le quartier le plus dense de l'hypercentre lausannois atteint 640 h-e/ha. La moyenne du centre-ville lausannois se situe à 385 h-e/ha, celle de Prilly est de 65,8 h-e/ha, celle de Renens 97,7 h-e/ha. C'est donc une rupture d'échelle avec la densité voisine qui est envisagée, d'autant plus incompréhensible que dans la planification cantonale, Lausanne est le centre principal, Renens et Morges les centres secondaires. Malley (également classé centre secondaire), n'intervient qu'au troisième rang dans cette hiérarchie.

N'est-ce pas le canton qui impose cette densité ?

Non. Le Plan directeur cantonal pour le développement de nouvelles zones à bâtir (non encore en vigueur) fixe une limite inférieure de 250 h-e/ha pour des "sites stratégiques" comme Malley. Le canton "préconise" (mais n'impose pas) une densité supérieure pour les sites particulièrement bien desservis en transports publics, ce qui est le cas de Malley. Entre 250 et 648 h-e/ha, il y a de la marge ! La question est de savoir où l'on place le curseur. A notre avis, il a été poussé trop loin, notamment à cause des problèmes de trafic non résolus.

Vous craignez les bouchons, mais à l'avenir, les gens ne prendront-ils pas davantage les transports publics ?

Oui, et c'est tant mieux. Reste que selon les prévisions du canton, le trafic automobile ne va pas diminuer en chiffres absolus d'ici à 2050. Dans la zone de Malley, il va sans doute augmenter à cause des milliers d'habitants et emplois attendus dans ce secteur, et d'autres projets de développement (Renens-Croisée, Sébeillon, Sévelin, Renens-Sud, etc.). Les études de trafic accompagnant le plan de quartier ne sont que partielles.

Vous critiquez la faible part de logement à Malley-Gare, mais n'est-elle pas imposée par l'ordonnance fédérale sur le transport ferroviaire de matières dangereuses ?

Faux. L'Office fédéral de l'environnement nous a précisé que l'ordonnance ne fixe aucune exigence concernant la part de logements. Celle prévue à Malley-Gare est de 25 à 40%, et non 40% comme affirmé faussement sur le site des partisans (le Conseil communal de Renens a refusé de fixer la limite à 40%. A Prilly, la fourchette était initialement de 0 à 40%, avant de remonter à 25-40%).

Etes-vous contre les tours ?

La majorité des experts les jugent peu écologiques (gaspillage d'espace intérieur dû aux normes de sécurité, forte consommation d'énergie à la construction et à l'exploitation). La "Stratégie pour l'implantation des tours" relève qu'un quartier de tours "n'est pas plus dense qu'un tissu urbain homogène". L'argument du "repère urbain" avancé par les autorités en leur faveur n'est pas pertinent à Malley, parfaitement repérable grâce à ses forts axes routiers, à son viaduc et à son centre sportif.

A supposer que l'on soit pour les tours pour des raisons de prestige ou financières (les étages supérieurs se louent plus cher), la disposition des cinq envisagées à Malley est pour le moins discutable. Pourquoi les aligner de telle façon qu'elles créent un effet mur aussi bien dans l'axe est-ouest que l'axe nord-sud ? Pourquoi la tour la plus haute est-elle aussi la plus proche du viaduc et des habitations de la rue de Renens ? Pourquoi ce "skyline" est-il présenté sans alternative et sans les instruments qui permettraient à la population d'en juger ? 

Ces tours ne dégagent-elles pas des places généreuses ?

S'il s'agit de places "minérales" annoncées à Malley-Gare, ou pleines de courants d'air comme on peut le craindre à Malley-Viaduc, merci beaucoup ! Beaucoup de places au pied des tours sont des espaces stérilisés pour raisons de sécurité. Il existe d'autres solutions en urbanisme pour créer des espaces moins grandioses, mais plus conviviaux.

Les autorités n'ont-elles pas beaucoup consulté et informé ?

Elles l'ont fait dans un cercle restreint (combien de citoyens ont-ils participé aux débats de la Galicienne, pour quel coût ?), de façon biaisée et en retenant les informations qui pourraient provoquer des réaction critiques. Elles n'ont pas tenu compte des avis plus mitigés que soulevaient leurs projets, n'ont jamais présenté de vraie alternative à un quartier de tours.