Malley-gare et passage sous-voie:

deux préavis importants

Les lignes qui suivent sont un résumé succint et une première analyse de deux préavis déposés début avril 2016, importants pour le développement du futur quartier de Malley:

 

- Plan intercommunal de quartier "Malley-Gare" (soumis aux conseils communaux de Renens et Prilly)

 

- Demande d'un crédit d'investissement de CHF 1'190'000.- pour l'étude du franchissement des voies CFF à l'Ouest de la halte RER de Prilly-Malley (soumise au conseil communal de Prilly)

 

Elles ne préjugent pas de la position qu'adoptera Avenir Malley à leur sujet.

 

1. "Malley-Gare"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour mémoire, il s'agit de la bande de terrain de 16 200 mètres carrés située au sud de la halte RER de Malley. Sa surface est relativement faible par rapport à l'ensemble du site de Malley (830 000 mètres carrés), mais sa centralité, sa proximité immédiate de la gare CFF et la forte densité prévue (648 habitants/emplois à l'hectare, soit plus du double des quartiers de la Pontaise, de Grancy ou de la Bourdonnette) en font une pièce centrale du "puzzle" de Malley. Actuellement, ces terrains, vierges de toute construction, sont classés en zone industrielle. La partie ouest de la zone (aire A) est sur Renens, la partie est sur Prilly (aire B). Les seuls propriétaires de la zone seront les CFF, suite à un échange de parcelles avec Lausanne.

 

La hauteur des bâtiments prévus est un des enjeux principaux du plan. A ce sujet, le préavis réaffirme que pour l'ensemble du projet "Coulisses" primé en 2012, "trois bâtiments hauts, dont deux sur Malley-Gare, permettent de dégager de l'espace public", dessinant "une nouvelle silhouette permettant d'affirmer Malley dans le paysage urbain lausannois".

 

Le plan de quartier ne fixe pas la hauteur finale des bâtiments, afin de "garantir une marge de manoeuvre importante dans le cadre d'un ou plusieurs concours d'architecture". Selon le texte, la hauteur des bâtiments peut encore varier de 34 à 63 mètres pour l'un, de 43 à 77 mètres pour l'autre selon qu'ils seront compacts ou non.

 

Cette marge de manoeuvre très large est contredite peu après par un rappel des "principes" du Schéma directeur intercommunal de Malley (SDIM) qui "préconise pour le sous-secteur Malley-Centre une composition urbaine comprenant des tours avec des dimensions à l'échelle de l'agglomération, allant jusqu'à environ 30 étages (environ 91 mètres)", selon le préavis. Elle est aussi contredite par le rapport de la mise à l'enquête de Malley-Gare qui, lui, ne mentionne jamais cette "souplesse". Au contraire, il insiste à plusieurs reprises sur les tours: "Pour ne pas alourdir la future silhouette du quartier, il est préconisé de développer les constructions en hauteur" (p. 36). "La construction de deux bâtiments hauts (l’un de 62 mètres, l’autre de 76 mètres) jouant un rôle de repères urbains pour le quartier permet de mettre en valeur la halte du RER" (p. 18).

 

On constate donc que le flou sur les hauteurs des futurs bâtiments est savamment entretenu dans le préavis. Avenir Malley le regrette d'autant plus que la "Stratégie tours" commandée par les mêmes autorités énumère une liste précise d'exigences pour évaluer l'impact des tours sur le voisinage et plus généralement sur la silhouette urbaine. Notre association a demandé aux responsables du Schéma directeur de l'Ouest lausannois de lui fournir ces informations visuelles. Pour l'instant, nous nous heurtons à une fin de non-recevoir.

 

Les autorités avancent masquées, ayant bel et bien l'intention d'ériger des tours mais reportant autant qu'elles le peuvent toute discussion sur leur impact visuel général. Attitude d'autant plus étonnante que le préavis envoyé aux conseiller communaux de Prilly (la version de Renens est différente) fixe en page 9, au chapitre "qualité des constructions", le critère suivant: "subordination des formes architecturales des bâtiments à une composition d'ensemble".

 

On ve voit toujours pas, à Malley, quelle est la conception d'ensemble.

 

Parmi les autres enjeux figure le trafic automobile généré par le plan de quartier. Pour 420 nouveaux habitants et 630 nouveaux emplois, celui-ci prévoit 340 places de parc pour voitures (dont 160 pour les visiteurs), 55 places pour motocycles et 700 places pour vélo. Concernant les voitures, les urbanistes ont appliqué un coefficient de réduction de 50% pour l'habitation et de 80% pour les autres activités, compte tenu de la forte desserte en transports publics. Les études de trafic tablent sur un trafic supplémentaire de 260 unités-véhicules par heure aux portes du site aux heures de pointe. Selon le préavis, "il peut être écoulé sur le réseau routier existant sans nécessiter d'adaptations importantes".

 

Notre association est sceptique sur ces estimations, qui ne tiennent pas compte de l'ensemble des projets envisagés à Malley: il est question d'y ajouter 18 000 habitants-emplois en tout, alors que Malley-Gare n'en amène que 1050. Même "requalifiée", l'avenue du Chablais, déjà saturée aujourd'hui, ne pourra probablement pas absorber la totalité du trafic supplémentaire.

 

Sur le troisième enjeu du quartier, le logement, le préavis apporte quelques précisions. Tout d'abord, comme le montrent les chiffres ci-dessus, on constate que la part de logement sera de 40% sur le total.

 

De quel type de logement s'agira-t-il? Le préavis (version Prilly) dit ceci:

 

"Des principes qualitatifs ont été imposés aux propriétaires dans le but de les aider à assumer cette responsabilité:

- mixité de logement, soit 50 % de logements subventionnés et loyers contrôlés, et 50 % de logements en marché libre. Ce principe sera appliqué à l'ensemble du site de Malley Coulisses;

- diversité de types d'activités dans le rez-de-chaussée;

- accès public au dernier étage des bâtiments hauts; - accès public aux espaces extérieurs;

- respect du standard Site 2000 watts;

- respect du standard Minergie A-ECO;

 

Ces précisions sont, a priori, bienvenues. Il est curieux qu'elles ne figurent que dans l'un des textes présentés.

 

 

2. Passage sous-voie à l'ouest de la halte CFF

 

Pour l'instant, le seul passage sous-voie se fait par l'avenue du Chablais, ce qui posera problème quand le nouveau centre sportif sera construit, ainsi que le reste du quartier. Depuis une dizaine d'années, les autorités étudient un second passage côté ouest, si possible avec accès direct aux quais de la halte CFF. Cela fluidifierait nettement les circulations piétonnes, éventuellement cyclistes entre les zones nord et sud du quartier et créerait un axe de mobilité douce reliant l'esplanade du centre sportif, la future place dite de la "Coulisse" à Malley-gare et celle du "Gazomètre" plus au sud.

 

Sans entrer dans les détails du préavis, l'affaire est techniquement complexe et financièrement coûteuse. Deux points posent problème. Le premier est le débouché nord du passage sous-voie, qui entre en conflit avec la rampe d'accès au parking de Malley-Lumière ainsi qu'avec la zone de livraison de ce centre. Le second, plus compliqué, est l'accès aux quais, qui doit respecter les règles de sécurité strictes des CFF. Le préavis souligne les difficultés:

 

""Aucune indication ne permet de s'assurer que les questions des dimensions de ces rampes d'accès ainsi que les pentes aient été étudiées attentivement. Il faudra démontrer sans faille la faisabilité technique des rampes d'accès et s'assurer que l'ensemble des exigences en termes de sécurité est rempli".

 

L'ouvrage sera coûteux. Un premier devis, en 2009, portait sur 15 millions de francs. Il sera financer à parts égales par Prilly et Renens, en comptant sur une subvention fédérale de 2,45 millions et, peut-être, cantonale. Des négociations sont en cours avec les propriétaires pour une participation de leur part.