Malley-express à vélo !


Face à la saturation générale du trafic automobile, la réhabilitation du vélo est à l'ordre du jour un peu partout. Une initiative fédérale signée par 105 000 personnes a été déposée en mars 2016. Zurich consacre 120 millions de francs à la création de véritables pistes cyclables en site propre. Fribourg, Berne et Bâle ont des projets d'envergure.

Les villes qui encouragent vraiment le vélo - à commencer par Copenhague (photo ci-dessus), qui vient d'inaugurer son quatrième pont réservé aux deux-roues - appliquent trois principes :

  • Des voies cyclables en site propre sur les axes majeurs

  • Eviter autant que possible les carrefours, feux, la concurrence avec les piétons

  • Faire du parcours une expérience visuelle plaisante

Dans l'agglomération lausannoise, on parle beaucoup et on agit peu. En 2014, Lausanne était classée 25ème sur 28 villes par Pro Vélo. Les propositions de mobilité douce envisagées dans les plans de développement de Malley poursuivent cette politique de demi-mesures. Le tracé des « axes » cyclables envisagés reste fluctuant, pénalisé par des traversées de carrefours dissuasifs et routes à grand trafic, décevant comme expérience visuelle et de ville « vécue ».

Or Lausanne est plus favorable à la pratique du vélo qu’on ne l’imagine, en particulier sur l’axe est-ouest. A condition d’y mettre un peu d’ambition. Voici une proposition susceptible de stimuler fortement la pratique du vélo, mettant la région lausannoise en pointe :

Créer une voie vélos express de Renens à la gare CFF de Lausanne (côté Pôle muséal) en passant par le viaduc du Galicien.

Imaginons le parcours. De Renens-Centre à Renens-Croisée, pas de gros problème, la piste est d'ailleurs déjà prévue. A hauteur du centre sportif de Malley, ça se complique: il y a la voie où passent les trains d'ordures ménagères, un talus, des poteaux. Aménager une piste ici demande des travaux, mais il y a de la place.

On arrive au viaduc du Galicien, qu’il est prévu de prolonger côté ouest par une passerelle de béton. Puisqu'il faut la construire et couler un nouveau tablier sur le viaduc, pourquoi ne profiter de ces travaux pour étudier - au moins étudier ! - l'intégration de deux bandes cyclables à sens unique, larges de 1,5 mètre chacune ? Les piétons (sauf les employés CFF) ne pourraient emprunter cette piste, d'ailleurs peu utile pour eux.

Il est important que le viaduc du Galicien ne soit pas défiguré par ces travaux. Un dépassement de 1,5 mètre de chaque côté semble acceptable sur le plan esthétique, à condition de soigner le tablier et les barrières.

Continuons le trajet. les deux pistes à sens unique se poursuivraient à Sébeillon (un tronçon vient d'être ouvert), où la désaffectation prochaine des voies de triage libère un grand espace. Elles se rejoindraient après l'entrée en tunnel des convois d’ordures pour obliquer à droite vers le carrefour Tivoli-Belvédère.

Là se situe le plus gros obstacle: le carrefour de Tivoli, large, pentu, saturé, dangereux. La solution idéale - et le plus gros investissement - consisterait à percer un passage pour vélos sous le carrefour, sous la pile amont du pont de Tivoli. La piste se poursuivrait ensuite en décrochage sur le flanc nord de la tranchée du Languedoc (et non sur le flanc sud comme on est en train de le faire pour des raisons d’économies, ce qui n’améliore la situation que sur 300 mètres, entre deux routes à traverser...)

Pas besoin de travaux lourds sous le pont suivant, celui (classé) de Marc-Dufour, il y a assez d’espace pour passer, à condition de reculer de quelques mètres le tampon d'une voie de garage. Ce qui amène la voie cyclable directement sous la colline de Ruchonnet, au milieu du futur Pôle muséal et à la gare CFF de Lausanne.

Avantages de ce tracé?

  • Zéro carrefour après Renens-Croisée !

  • Malley à moins de dix minutes "vélo" de la gare CFF de Lausanne, Renens à moins de 15 minutes du centre de Lausanne.

  • Une piste cyclable presque 100% en site propre.

  • Pente quasi nulle de Renens-Croisée au centre de Lausanne.

  • Expérience visuelle unique en passant sur le viaduc du Galicien et en arrivant au Pôle muséal !

Lausanne aurait la possibilité de créer une des "autoroutes à vélos" les plus spectaculaires et pratiques de Suisse. L’axe actuellement envisagé en est loin. De Renens-Croisée à la gare CFF de Lausanne, il impose au moins quatre traversées de carrefours importants, pied à terre, la cohabitation avec les voitures près de la gare de Lausanne, dont l’accès reste incertain et compliqué. Quant au passage - très peu attractif - le long des voies CFF entre Malley et Provence, coincé entre un mur de béton et le dos d’immeubles, il exige encore de gros travaux.

Pour faire mieux, il faut de la vision, de la souplesse. Combien coûterait une voie express en site propre: vingt millions de francs, plus ? Cher, sans doute, mais comparons: les collectivités publiques dépenseront près d'un demi-milliard de francs pour le Pôle muséal et le futur centre sportif de Malley, dont 16 millions de francs pour deux patinoires provisoires qui serviront deux ou trois ans. Une voie express cyclable servira à des milliers d’habitants pendant au moins une génération. Où sont les priorités ?

La proposition ci-dessus n’est peut-être pas réalisable telle quelle. Elle veut, au moins, pousser les autorités à mener une vraie politique de mobilité douce, avec un vrai budget pour cela.

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